Géographie

Le Trièves est un territoire de moyenne montagne situé au sud de l’Isère, entre Vercors et Dévoluy, à l’interface entre Auvergne Rhône-Alpes et Provence Alpes Côte d’Azur.

Le Trièves est en partie cerné par un amphithéâtre de montagnes, aux paysages ouverts magnifiques et aux grands espaces naturels préservés offrant un cadre de vie de qualité à ses habitants et aux touristes.

L’influence de la métropole grenobloise est très forte au nord du Trièves et diminue plus on va vers le sud du territoire . 

Les vingt-sept communes du Trièves, leurs cent cinquante hameaux et les meilleures terres agricoles se situent pour la plupart entre 750 m et 900 m d’altitude, plutôt en périphérie de la cuvette.

Population

Le Trièves compte environ 10 000 habitants avec une très faible densité de population, 15,9 habitants au km². 

Mens et Monestier de Clermont, 1 400 h environ chacun, sont les deux pôles principaux qui structurent les services. Clelles constitue un troisième bourg centre, plus modeste.

Un exode rural important a perduré jusque dans les années 70, avec une importante tendance migratoire à la hausse jusqu’en 2011.

Depuis, on observe une stabilisation. La population est vieillissante, surtout dans le sud du Trièves, plus éloigné de l’agglomération grenobloise. On observe des pics de population en saisons d’été et d’hiver, avec les résidences secondaires et les nombreux lits touristiques.

La population du Trièves est constituée majoritairement de ménages de petite taille.

Logement

Une fois dans le Trièves, on y reste : 72 % des résidents sont des propriétaires occupants et 54 % des habitants ont emménagé dans leur logement depuis plus de 10 ans. L’excédent migratoire, même faible, est significatif d’une certaine attractivité pour de nouvelles familles qui s’installent sur le territoire.

 

L’offre de logements sociaux est faible et l’habitat est plutôt ancien, avec une dominante de grands logements, souvent mal isolés, qui contribuent à fragiliser financièrement de nombreux ménages. On note aussi une grande dépendance à la voiture individuelle. 

Solidarité et entraide

La plupart des communes portent une dynamique pour lutter contre la tendance à devenir des villages-dortoir, avec des organisations de proximité pour les déplacements, la convivialité, la bienveillance du voisinage, qui participent à renforcer l’esprit de solidarité et d’entraide.

Histoire et culture

Trièves : Trois voies – tres viæ à l’époque romaine

L’une à l’est pour se rendre à Gap, la deuxième, du nord vers le sud pour se rendre de Grenoble en Provence et la troisième, vers l’Ouest pour se rendre à Die, en Drôme provençale.

Conjuguant les influences du Dauphiné et de la Provence, le Trièves est un pays qui a su préserver le lien que les hommes ont tissé avec le milieu naturel.

Pendant des siècles, les habitants du Trièves regardaient plus les pays de la Durance, et la vallée de la Drôme, que le nord. Le tropisme grenoblois est récent. Le basculement n’a été acquis qu’après la construction de la route de Grenoble à Sisteron (RN 75 – aujourd’hui RD 1075) en 1830. La voie ferrée qui relie Grenoble à Veynes (Hautes-Alpes) a été ouverte en 1878. Elle traverse tout le Trièves avec ses nombreux ponts et viaducs, véritable fleuron du génie civil au 19e siècle.

Après avoir souffert de l’exode rural à partir des années 50, le Trièves est devenu un lieu de villégiature, avec la pratique du ski l’hiver et les randonnées et l’alpinisme l’été ; d’où de nombreuses résidences secondaires, des centres de vacances, la construction de la station de ski de Gresse en Vercors.

Patrimoine, artisanat et industrie

Les villages du Trièves sont riches d’un patrimoine rural particulièrement bien préservé.

Depuis le Moyen Age, le Trièves a développé de petites activités industrielles, complémentaires à celles de la terre. Artisanat actif, exploitation des ressources naturelles avec une grande variété d’activités : hauts fourneaux, draperies, verreries, fonderies, clouteries, moulins à noix, tuileries, ganteries, fromageries, eaux minérales, scieries. Il reste encore des laiteries et des scieries.

Au 20e siècle, deux entreprises vont connaître une ampleur internationale : Allibert, semelles puis objets plastiques, déménagée à Grenoble dans les années 50. Moncler, fabrication de vêtements et articles en nylon pour les sports de montagne.

La Communauté de communes du Trièves a mis en place La Route des savoir-faire, un itinéraire pour découvrir les artisans, producteurs locaux et sites culturels : www.savoirfairetrieves.fr

Le Musée du Trièves, à Mens, illustre bien cette richesse patrimoniale, industrielle et culturelle. L’Espace Jean Giono à Lalley et l’Atelier Gilioli à Saint-Martin de La Cluze sont consacrés à la présence de l’écrivain et du sculpteur dans le Trièves, quand l’œuvre de Giono prend pour cadre le Trièves et quand celle de Gilioli est associée aux faits de la Résistance.

Le protestantisme

Le protestantisme a fortement imprégné la culture et l’esprit des habitants du Trièves. Au 16ème siècle, il connaît un écho considérable dans le canton de Mens et le sud du canton de Clelles.

Mens devient La petite Genève des Alpes, fief huguenot. Après la révocation de l’Edit de Nantes, même si de nombreux protestants émigrent, emportant avec eux une part du dynamisme économique, la communauté protestante du Trièves reste fidèle à la Réforme, grâce à une  tolérance assez exceptionnelle jusqu’à la Révolution française. Ensuite, le canton de Mens est resté très majoritairement protestant.

Les protestants de la région ont joué un rôle de premier plan dans l’industrialisation. L’École modèle de Mens accueille alors des élèves instituteurs de toute l’Europe ; l’hôpital de Mens est créé.

Sur les pas des Huguenots est un sentier international de randonnée qui traverse le Trièves et suit le tracé historique des huguenots dauphinois vers l’Allemagne et la Suisse après la révocation de l’Édit de Nantes.

La Résistance

Une autre époque témoigne de l’engagement des Triévois : la Résistance. On trouve de nombreux lieux de mémoire de la Seconde Guerre mondiale, lien historique et tragique avec le Vercors : des monuments aux résistants, des stèles aux otages fusillés… Les maquis furent dès le début très actifs dans le Trièves. Tous les ans, des commémorations rappellent l’offensive allemande de juillet 44 sur le plateau du Vercors.

Tissu associatif et social

Le dynamisme du tissu associatif et l’engagement social des institutions et collectivités sont remarquables. On dénombre deux-cent-quatre associations, trente-cinq étant employeurs.

Avec environ 70 bénévoles, le Collectif d’entraide du Trièves, créé dans les années 80, gère deux épiceries solidaires sur le territoire (à Mens et Monestier), financées pour une grande part par ses deux friperies solidaires, ainsi que par des subventions des collectivités locales.

Le Collectif d’entraide du Trièves travaille main dans la main avec La Réserve qui porte l’Etrier – La Ressourcerie, seule Structure d’insertion par l’activité économique (SIAE) dans le Trièves et créée en 2016. La Ressourcerie collecte les objets du quotidien réutilisables, les valorise et les revend à petit prix dans un magasin ouvert au public. La Ressourcerie valorise les personnes en insertion et est un tremplin vers l’emploi durable.

Re-cycle-art, située à Mens, est une association qui propose un atelier d’entretien de vélo et un atelier de bricolage et réparation en tout genre, avec conseil et prêt d’outillage.

De nombreuses associations ou structures ont été créées dans le domaine de l’écologie

La plus connue, Terre vivante, association née en 1979 et devenue une SCOP en 2005, éditeur d’une revue et d’ouvrages consacrés à l’écologie, implantée dans le Trièves en 1994 avec la création d’un Centre écologique et pédagogique, avec une trentaine de salariés-associés.

Le monde agricole, avec l’aide de la Communauté de communes, a mis en place des circuits d’entraide et de soutien.

Sitadel – Sud Isère territoire agricole et développement local , créée en 1999, développe et maintient une agriculture, principalement en polyculture-élevage, autonome au niveau alimentaire, performante sur les plans économique et environnemental, entretenant des liens étroits avec les autres acteurs du territoire.

Le Biaupanier est un groupement de quatorze producteurs qui proposent leurs produits bio avec commande par internet, à récupérer chez un des producteurs.

Une cinquantaine de producteurs du Trièves et du Vercors ont ouvert un magasin commun, Un bout de campagne, dans la banlieue de Grenoble.

Vignes et vignerons du Trièves fédère les viticulteurs qui ont réimplanté la vigne.

Trièves transitions écologie qui organise Quelle foire ! connue de tous les Triévois.

Trièves compostage & environnement, qui depuis 2006 assure la promotion du compostage domestique et la gestion des déchets verts.

Les Centrales villageoises du Trièves, société coopérative à capital variable, réalise des opérations de production d’énergie renouvelable.

Le monde agricole, avec l’aide de la Communauté de communes, a mis en place des circuits d’entraide et de soutien.